Sortir des sentiers battus

Créer un blog d’écriture, à l’ère des réseaux sociaux… N’est-ce pas au mieux, redondant, au pire complètement inutile ? J’utilise Facebook, j’ai même une page dédiée à mon activité d’autrice, j’aurais pu y aborder les sujets que je vais explorer ici. Oui, mais non. Pourquoi ? Parce que j’ai trois reproches à faire à Facebook.
 

Payer pour exister ?

Le premier reproche concerne la voracité de la bête. Non, Facebook n’est jamais rassasié.

Je dois avouer que je suis venue sur ce réseau à reculons, il y a une dizaine d’années. Comme pas mal de personnes, à l’époque, je craignais d’exposer ma vie sur internet, que mes données soient exploitées à mon insu et je ne comprenais pas le besoin de tout déballer de sa vie privée. Il faut dire que j’ai toujours préservé ma part d’intime, même dans la vraie vie, comme un trésor qu’il ne faudrait pas galvauder.

Et puis, j’ai fini par mettre le doigt dans l’engrenage, parce que je souffrais d’une écrasante solitude et que ce réseau social me permettait de combler le vide, de me sentir entourée de dizaines d’amis tout aussi esseulés que moi et de maintenir l’illusion que j’appartenais à un groupe aux liens solides. J’ai partagé ma vie, mes coups de cœur, mes coups de gueule, mes photos personnelles, mes vacances.

Bref, je n’ai pas fait mieux que les autres, et j’en ai même retiré beaucoup de satisfaction pendant plusieurs années.

Réseaux sociaux
Réseaux sociaux et moi, et moi, émoi !

Quant à l’aspect professionnel, ma page « auteur » était du pain béni, m’offrant la possibilité aussi bien d’informer mes lecteurs de mon « actualité » que d’entretenir avec eux un lien qu’aucun salon n’aurait permis. Et ça, c’était chouette ! Et bien sûr ça l’est encore, mais…

Mais l’ogre Facebook est vorace, il en veut toujours plus, il en donne toujours moins (disons-le, c’est une grosse pince). Il pousse à l’achat pour continuer d’apparaître dans les Timelines et rester visible, ce qui fait que les pages comme la mienne apparaissent de moins en moins sur le fil d’actualité des internautes. Bien sûr, je pourrais payer de la publicité… Mais croyez-bien que mes revenus d’autrice, je préfère les mettre ailleurs que dans la poche de Mark Zuckerberg.

Depuis un certain temps, je constate que mes publications peinent à collecter suffisamment de clics pour me faire remonter dans l’estime de l’algorithme. Vous savez, ce tout puissant algorithme qui décide qui doit vivre ou mourir ? Et qui décide aussi ce que vous devez voir !

Exercer son libre-arbitre

Le deuxième reproche que je fais à Facebook est que plus rien n’est laissé au hasard.

Moi, ce que j’aime particulièrement, c’est découvrir de nouvelles façons de vivre, de penser. Être initiée à d’autres formes d’art, rencontrer des personnes différentes de moi qui vont me faire évoluer, cheminer. Certainement pas me retrouver coincée dans cet entre-soi qu’on nomme la bulle de filtrage des réseaux sociaux.

L’objectif de Facebook (ou de Twitter, mais j’avoue n’avoir jamais vraiment succombé aux sirènes du conflit systématique par tweets interposés) est de nous faire rester le plus longtemps possible entre ses murs bien capitonnés, de nous abreuver d’émotions positives pour nous faire avaler un maximum de publicités et revendre nos données à ses vrais clients (pas nous, donc. Nous, on est la marchandise). Pour cela, l’algorithme élimine gentiment tout ce qui pourrait nous contrarier. Comprendre tout ce qui est différent de nous.

Exit, donc les âges, catégories socio-professionnelles ou opinions qui diffèrent des nôtres. Tout ce que vous voyez sur votre page d’accueil n’est que le miroir de vous-mêmes, une confirmation que vous êtes géniaux et que la majorité du monde pense comme vous, mange comme vous, vote comme vous, rit ou s’indigne comme vous.

Super, n’est-ce pas ?

Sauf que ceci n’est qu’un leurre.

Bubble filter
Narcisse est un mouton

Oui, tout le monde est à votre image…  dans le petit tiroir propret où vous a rangé le robot et dont, croyez-moi, vous n’êtes pas prêt·e·s de sortir ! En effet, ne comptez pas sur l’algorithme pour vous extraire de votre zone de confort, pour vous éveiller à d’autres musiques. Il n’est pas programmé pour ça.

Et, personnellement, j’en ai assez de ce sentiment de toujours voir la même chose, d’être encouragée aux mêmes lectures, aux mêmes réactions… Là où je crois me forger une opinion, une pensée propre, je ne fais bien souvent que me conformer à une injonction implicite, une pression à la conformité qui me laisse un goût amer. Saint-Exupéry disait : « Si tu diffères de moi, mon frère, loin de me léser tu m’enrichis ». Et moi, j’ai envie de m’enrichir des autres.

Faire ses propres choix

Le troisième reproche que je fais à Facebook pourrait paraître contradictoire avec le point précédent. Or, il ne fait que confirmer les limites de la bête, à mon avis.

Facebook, Twitter and co : la course à l'émotion
Miroir, mon beau miroir… dis-moi ce que je dois aimer !

Loin de m’apporter cette bulle de bonheur supposée me rendre accro, le réseau me déprime depuis un bail ! Pourquoi ? Parce qu’il y a des sujets auxquels je suis particulièrement sensible. Je ne supporte pas la maltraitance animale, par exemple. Je soutiens de nombreuses causes et associations œuvrant dans ce sens, l’algorithme le sait. Il m’est souvent arrivé de commenter un post faisant état de violences à l’égard d’animaux, ou de simplement mettre un emoji en réaction, l’algorithme le sait.

Et ça lui suffit pour se dire que je veux voir plus d’animaux torturés, plus d’Amazonie ou d’Australie qui brûlent avec leurs lots de cadavres calcinés, et tant qu’on y est vous me mettrez aussi un peu de femmes assassinées, d’enfants abusés, ou d’attentats bien anxiogènes, monsieur l’Algo, s’il vous plaît…

Mais moi, comme dirait l’autre, je ne  suis pas venue ici pour souffrir, ok ? Moi, comme plein d’autres, je crois. Peut-être vous, d’ailleurs ? J’ai le profond sentiment qu’on aspire toutes et tous à autre chose qu’à ce que les algorithmes nous proposent imposent. Mais pour cela, il faut prendre du recul, même si ce n’est pas toujours facile.

Alors voilà, j’ai décidé de faire un pas de côté, d’aménager un espace où j’aurais plus de place, plus de temps pour développer ma pensée. Un espace où, vous aussi, vous aurez la possibilité de vous exprimer en toute liberté, et de choisir quand vous viendrez me lire, sans crainte que la publication ne soit noyée et perdue sous le flot de posts dont vous êtes bombardé·e·s.

Je ne m’impose pas dans votre Timeline.

Vous venez si vous le souhaitez, quand vous le pouvez.

Ici donc, il sera question d’échanger, plus que de donner à voir.

Bien sûr, il y aura des posts qui évoqueront mes salons, mon processus d’écriture, mais l’essentiel de ce que je posterai ici aura pour but de partager une idée, un savoir-faire, une information avec vous. Pas de sens unique, plutôt de l’échange, une sorte de redistribution aussi. Parce que même si les temps sont durs pour les auteurs, j’estime avoir une chance folle de vivre de ma plume et je souhaite aider d’autres personnes dont c’est le rêve à connaître ce grand bonheur, via ce blog.

blog jeteusedencre.com

À l’heure où j’écris ces quelques lignes, ce blog n’a que quelques jours d’existence. Il est encore en friche et est appelé à évoluer au fil du temps. Alors si vous avez des envies, des suggestions, des remarques… n’hésitez pas à m’en faire part en commentaire ! Je serai attentive à vos retours.

D’ailleurs, en parlant de vous, j’aimerais bien savoir comment vous vivez les réseaux sociaux en ce moment ? Lesquels vous préférez, lesquels vous avez abandonnés, et pourquoi ? Si je pense être moins présente sur Facebook, j’ai très envie que ce blog soit en synergie avec des réseaux plus visuels, via Instragram ou Pinterest, pour le faire exister un maximum. Qu’en pensez-vous ? Quelle est votre expérience de ces deux médias ? J’ai hâte de connaître vos avis !

Et d’ici là… écrivez-bien !

Cette chanson a 30 ans… mais elle reste terriblement actuelle, non ?

Cet article vous a plu ? Épinglez-le sur Pinterest !

Sortir des sentiers battus

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12 Commentaires
  • Rozenn
    janvier 22, 2020

    Vous avez très bien défini le malaise Facebook… Je trouve qu’il est le terreau d’une société qui se divise en clans. Trop habitués à ne voir que ce qui nous correspond, l’immonde « entre soi » se développe…
    J’ajoute en ce qui me concerne l’addiction chronophage. Que de temps perdu chaque jour sur les réseaux!!! Je scrolle en culpabilisant et en pensant à toutes ces autres choses que j’ai envie de faire et que je ne ferai pas.
    J’aimerais me détacher de facebook. Le sevrage est cependant difficile.
    Je préfère en tout cas instagram. J’y arrive mieux à gérer mon fil…

    • Jeteuse d'encre
      janvier 22, 2020

      Complètement d’accord pour cette notion de clans : le terme “communauté” a été complètement dévoyé, essoré de son sens premier. Où sont la communauté d’esprit, la communauté de pensée ? Nous sommes perdus au milieu d’îlots ultra-communautaristes —  pro-ceci ou anti-cela —  qui excluent le dissemblable et le nomment ennemi. C’est fatiguant.
      Quant au temps perdu à scroller, liker, commenter pour se faire applaudir ou huer (l’entre-deux n’existant plus, adieu les discussions constructives !)… c’est du vide qui comble le vide. Comment avons pu nous laisser convaincre que ce vide valait quelque chose ? Un début de réponse ici : https://bit.ly/2uosPzb
      En tout cas, je sens que je vais apprécier ces discussions au calme sur ce blog !

  • Raoul
    janvier 22, 2020

    Un sujet interessant notamment le rappel de la non gratuité du réseau Facebook pour celui qui veut en avoir un usage professionnel

    • Jeteuse d'encre
      janvier 22, 2020

      Quant au particulier, ne jamais oublier cet adage : “quand c’est gratuit, c’est toi le produit” !

  • Fantine
    janvier 23, 2020

    Ah… cet article tombe à pic ! Moi qui ai décidé il y a peu de prendre du recul par rapport à ces flux d’information incessants… Heureusement je n’ai jamais été très active sur Facebook, et j’ai toujours fui très vite après mes tentatives d’activité Twitter…
    Malgré tout, j’ai fini par tomber sous le charme de Reddit, où les utilisateurs proclament eux même que c’est “tellement différent de facebook car ici on peut débattre et réellement partager des idées”… Au final c’est exactement la même chose ! ça enferme plus que ça n’ouvre sur le monde. Les américains ont un mot très approprié pour le phénomène, le “circle-jerk”, peu élégant certes mais approprié…
    Je pense avoir définitivement perdu tout espoir de me sentir dans un vrai milieu d’échanges au sein des réseaux sociaux. Est-ce même possible ?

    En tout cas, même si Pinterest n’est pas aussi populaire que ses camarades, j’aime beaucoup l’idée d’en avoir un lié à ce blog, et d’en avoir un tout court ! J’ai hâte de voir ce qui sera accroché dessus ♥

    Merci pour cet article !!

    • Jeteuse d'encre
      janvier 23, 2020

      Oui, au final on croit toujours réinventer la roue sur les réseaux sociaux…

      Concernant Pinterest, je connais encore mal et maîtrise peu, mais je pressens un potentiel intéressant, c’est pourquoi je souhaite que ce blog soit lié à un compte et j’espère créer une synergie avec celui d’autres personnes 🙂

      Merci pour ce retour <3

  • Marie
    janvier 23, 2020

    Ha les réseaux sociaux… Analyse affûtée comme une lame, directe, pragmatique et oui c’est tout à fait ça. Business is business, à croire que l’homme est un indécrottable rapace . Très vite l’argent devient l’ami privé numéro un et alors là, c’est la guerre, l’empathie se calcule de façon inversement proportionnelle au crédit bancaire, tous les coups sont permis et pour l’essentiel donner à chacun ce qu’il veut sans, surtout, l’offenser.
    Facebook c’est comme du sucre, au début c’est bon, c’est addictif même, le temps passe et le sucre n’a toujours que le goût du sucre, l’indigestion gagne et l’émoticône (beurk) devient l’arme de nos piètres écoeurements.

    Instagram je n’ai jamais accroché, je ne l’utilise que de façon et dans un but pro. Ces instantannés de vie sur la place plublique, brrr ça m’a tout de suite glaçée. Force m’est de reconnaître le succès rencontré par la bête, incontournable pour tout pro qui veut communiquer.

    Twitter est un bon support, le plus rapide de tous, le plus exigeant aussi. Pour un auteur c’est du pain béni. 280 caractères pour tout dire ; Déjà, l’exercice en soi, est stimulant. Sur Twitter, si tu ne sais pas écrire, tu es mort. J’avoue mon faible pour celui-là 🙂 Une bonne communauté Twitter et c’est du plaisir à longueur de journées.

    Il y a une autre raison, je pense, pour qu’un auteur, ait l’idée géniale de poser sa présence sur un blog, plutôt (ou/et en plus) que sur les réseaux sociaux. Le réseau social, quel qu’il soit, est réputé rapide, son utilisateur est versatile, souvent fainéant, peu enclin à lire des tartines. Je n’imagine pas plus frustrant pour un auteur, que les réseaux sociaux et leurs modes télégraphiques.

    Ce blog, un blog c’est bien, c’est le mode adéquat pour un auteur et un lecteur. Chacun y trouve de quoi alimenter ses désirs (d’écriture et de lecture), en plus si ça commence à parler technique d’écriture, coulisses du quotidien d’auteur, c’est royal.

    Va t’on enfin savoir de quoi est fait ce grand moment de solitude : l’angoisse de la page blanche ? 😉

    Merci Ingrid, good job !

    • Jeteuse d'encre
      janvier 24, 2020

      Oui, c’est exactement ça : le blog permet de déployer la pensée, l’écriture, de dire plutôt que de parler comme on le fait sur les réseaux.

      J’aurais pu écrire le double dans cet article, évoquer aussi le jeu que font certains des émotions et de la naïveté de leurs interlocuteurs… il y a beaucoup de manipulation sur les réseaux sociaux, les relations sont biaisées, manquent de franchise… Tout ce que je déteste.

      Je crois, en effet, que la page blanche fera l’objet d’un article 🙂

  • DIMANCHIN
    janvier 28, 2020

    Je suis d’accord avec ton analyse de Facebook, l’algorithme qui le régit est insupportable. Pour ma part comme il s’inspire de mes recherches Google, je prends souvent peur et je m’en éloigne de plus en plus.
    Lorsque j’écrivais, je m’étais inscrite sur des groupes composés d’auteur, mais là aussi malheureusement nous restons des anonymes au milieu des autres.
    J’ai toujours eu la sensation que la seule chose qui leur plaisait c’était de se lire eux même, et non de partager leurs écrits.

  • Ichwill
    janvier 30, 2020

    Bonjour,

    Les réseaux sociaux, il y aurait tant à dire à leur propos !
    Me concernant, Facebook est le principal que j’utilise, depuis de nombreuses années… Et l’usage que j’en fais a énormément changé au fil du temps :
    Autrefois (je parle comme la vieille quadra que je suis !) je n’hésitais pas à m’en servir pour partager de nombreuses choses, des articles, des trucs qui me faisaient rire, mais aussi des choses plus perso… Photos de vacances, de balades…
    J’ai vu aussi dans Facebook un outil formidable pour communiquer facilement et retrouver de la famille éloignée partout dans le monde
    Mais, plus récemment, lorsque je m’étais séparée, j’ai eu l’impression de voir en Facebook un oeil inquisiteur (l’oeil de Sauron ! Brrrr!). Avec cette impression de devoir toujours réfléchir à ce que j’avais envie de publier :
    -est-ce publiable en tant que (à l’époque) future divorcée ?
    -est-ce que c’est “bien” de montrer qu’on a retrouvé le bonheur ?
    -est-ce que je ne risque pas de m’attirer des ennuis ?
    -etc
    Bref, tout un tas d’interrogations qui m’ont fait prendre un recul énorme sur ce que je décidais de publier… et qui m’ont fait prendre conscience de la puissance d’un tel réseau sur ma vie quotidienne et ce que pouvait en penser les autres ! Le virtuel qui dirige le réel !
    Une fois divorcée pour de bon, je m’y suis remise de manière raisonnée, en faisant le ménage dans ma liste d’amis…
    Et depuis ce temps-là, j’avoue même avoir fini par ne plus y poster grand’chose de très perso, préférant largement partager les bons moments de ma nouvelle vie avec mes “vrais” amis via sms ou des réseaux où nous communiquons en groupe restreints et choisis comme messenger, whatsapp et ou les algorithmes ne décident pas non plus de ce qu’il semble pertinent ou non de nous faire voir.

    Sur facebook, je suis devenue discrète, je ne partage plus de trucs trop perso, j’y lis uniquement ce qui me fait envie et fais le tri dans ce qui ne m’intéresse pas (quel boulot !)… Plus attentive “à la vraie vie” j’espère !!!

    • Jeteuse d'encre
      janvier 31, 2020

      Oui, c’est une drôle d’époque… on doit désormais faire un effort pour rester dans la vraie vie et ne pas se laisser dévorer par les réseaux, le numérique… Bienvenue ici, Ich will !

  • Louise
    février 9, 2020

    Tout ce que vous décrivez est réèl. En plus de ça, Facebook créé une certaine addiction je trouve, enfin me concernant, qui au final commence à me déranger ! Donc, je m’éloigne et c’est aussi pour cela que j’ai créé mon blog pour partager mes avis lectures. Des avis tout simples (pas de longues chroniques), comme on attendrait quelques mots de la part du libraire pour nous aider à choisir ce roman au lieu de celui-ci.
    Donc, je comprends tout à fait votre ressenti, surtout que FB c’est aussi une certaine surenchère qui ne s’arrête pas !
    Mais,je n’oublie pas non plus que c’est grâce à ce réseau social que j’ai créé des amitiés fortes et sincères et aussi que j’ai découvert de nombreux auteurs de polar français que l’on ne voyait pas toujours en librairie, ou encore que j’ai découvert des salons de livre.
    Donc c’est ça que j’essaye de retenir de FB et je préserve du négatif !
    A nous de mettre des garde-fous et faire ce qui est bon pour soi.

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