« The good place » – La goutte, la vague et l’océan

Illustration : WikiImages de Pixabay

Ce titre sonne comme une fable et c’est précisément ce que fut « The good place ». La série est bouclée, le clap de fin résonne encore dans ma tête.
Et j’ai envie de vous la recommander pour 5 raisons.

Mais avant, pour le pitch, c’est ici :

1- Une série qui ne se prend pas au sérieux. 

Le format est court, punchy et coloré : on est dans le registre de la comédie, pas de doute. À croire que les créateurs de la série ont jugé qu’il n’était pas obligatoire de demander aux acteurs de faire la tête, dans un décor en camaïeu de beige, pour faire réfléchir le spectateur (coucou les Français !). Voire qu’on pouvait même le faire rire. Car oui, si les ressorts comiques sont évidents, le thème de la série est plus profond qu’il n’y paraît.

2- Une série qui traite de sujets sérieux

Et c’est là tout l’art des comédies américaines. Celui d’oser. De prendre, comme ici, le pari de développer des concepts philosophiques, de mettre la notion d’éthique et d’amélioration de soi au cœur de son histoire, de nous faire réfléchir sur le Bien, le Mal (avé les majuscules) et le libre-arbitre sans jamais ennuyer le spectateur.


Le dilemme du tramway – un cas d’école

Imaginez-vous en conducteur de tramway. L’engin échappe soudain à votre contrôle. Vous n’êtes en mesure d’accomplir qu’un seul geste : choisir de dévier ou non sa course depuis une voie vers une autre. Cinq hommes travaillent sur l’une des voies. Un homme est situé sur l’autre. La voie prise par le tramway entraînera automatiquement la mort des personnes qui s’y trouvent. Que faites-vous ?  Choisissez-vous d’actionner le levier ou bien de laisser le destin choisir. Êtes-vous fataliste ou utilitariste ?

Difficile de vous décider… Pour nos héros aussi, rassurez-vous

Sachez qu’il existe de nombreuses variantes à ce « problème », comme celle du chirurgien en pénurie d’organes pour cinq patients et qui a la possibilité de tuer un donneur compatible pour sauver la vie des autres…  Charmant, n’est-ce pas ? Si vous souhaitez aller plus loin, un petit tour sur wikipédia défrichera un peu le sujet.


3- Une série truffée d’anti-héros

Les personnages sont tellement caractérisés qu’on pourrait les croire caricaturaux s’ils ne déployaient pas leurs nuances au fil des épisodes. En réalité, ils sont attachants, vifs, émouvants. Ils apprennent, ils trébuchent, déploient des trésors d’ingéniosité, de bons sentiments et de petits arrangements avec les règles du « bon endroit » pour survivre.


En somme, ils sont terriblement humains. Même le calamar géant qui rêve d’être un autre. Même la super-intelligence artificielle amoureuse d’un sous-doué. (Oui, ces deux exemples vous donnent une idée de l’aspect loufoque de la série)

4 – Une série feel good (place)

Vous l’aurez compris, The good place c’est trente minutes de plaisir, chaque fois. C’est comme une petite bulle de champagne. Comme cette ivresse qui vous rend joyeux et vous donne aussi le sentiment d’être terriblement intelligent (un peu la même que celle qu’on éprouve en écrivant).
Grâce à l’habileté des scénaristes, en regardant « The good place » vous riez tout en (re)découvrant Kant ou Aristote. Que demander de plus ?

5- « The good place » : the good end

Au fil des saisons, et sans trop spoiler, nos héros vont être amenés à visiter « le bon endroit », « le mauvais endroit » et même « l’entre-deux ». Leur but étant évidemment de rester au bon endroit. Mais… est-ce l’ultime étape ? Qu’y a-t-il au-delà de l’éternité ? De l’accomplissement de soi ? C’est ce que nous propose de découvrir « The good place » non sans provoquer un petit pincement au cœur, je dois l’avouer.

En conclusion, « The good place » est une série philosophique et métaphysique qui vous fera rire dès le premier épisode… jusqu’au questionnement final. Ce dernier fait la part belle aux croyances bouddhistes sur l’après-vie terrestre, évoquant la vie individuelle rejoignant un grand Tout, comme la vague qui se meurt rejoint l’océan…

Alors, si vous voulez tester votre morale, vous marrer, et peut-être verser une petite larme à la fin : regardez « The good place » !  C’est sur Netflix.

Si vous l’avez déjà vu ou êtes en cours de visionnage, n’hésitez pas à me faire part de votre avis, je serais ravie d’en discuter avec vous… pour prolonger encore un peu la magie !

Et d’ici là, écrivez bien !

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« The good place » –              La goutte, la vague et l’océan

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5 Commentaires
  • Jamet Virginie
    février 9, 2020

    C’est vraiment une bonne série, et quelle déception que ce soit déjà fini. C’est rare mais j’ai eu du mal avec ce clap de fin. J’aurais voulu encore et encore voir les héros ou anti héros devrais-je dire dans de nouvelles aventures mais à l’inverse de nombreuses séries, les producteurs ont certainement su s’arrêter à temps, peut être. Avant de plonger dans du ‘remanier’ à l’infini.
    J’ai beaucoup aimé les intros sur l’éthique. J’ai regardé cette série avec mon jeune ado de 13ans et ça nous a permis de discuter sur plusieurs sujets abordés dans cette série, sous ces airs loufoques il y’a matière à réfléchir.
    C’est ce que j’aime lorsque je regarde une série, un film. Réfléchir après, si ça déclenche une réflexion c’est tout gagné
    Franchement mon coup de coeur 2019/2020

    • Jeteuse d'encre
      février 11, 2020

      C’est toujours un régal quand il y a plusieurs niveaux de lecture, que ce soit une série, un film, un roman…

  • Gwen CL
    février 10, 2020

    Je dois dire que l’article donne bien envie de voir cette série, d’autant que j’aime bien cette actrice qui jouait dans une autre série que j’aimais bien.

    • Jeteuse d'encre
      février 11, 2020

      Je n’ai jamais regardé Veronica Mars mais j’en ai entendu beaucoup de bien !

  • Fantine
    février 15, 2020

    Je crois que je n’ai jamais autant pleuré qu’à la fin de cette série…. je la recommande à tout le monde, pour tous les points que tu as cité !!! A voir absolument !

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